En ce matin où le soleil frappe la coque du « Salut des Pêcheurs », chacun s’affaire autour du chalutier avant sa remise à l’eau. Entre le nettoyage du bateau et les préparatifs techniques, Julien Ramet travaille avec ses proches, dont son frère Antoine. Une scène de famille ordinaire, à ceci près qu’ils sont en train de devenir copropriétaires du bateau sur lequel leur père les a embarqués pour la première fois. Avec le soutien de la Région Hauts-de-France, les deux frères s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’héritage familial à Boulogne-sur-Mer.
Un jeune patron issu d’une lignée de pêcheurs
Pour Julien Ramet, la question du métier ne s’est jamais vraiment posée. « Je fais ça depuis mes 17 ans« , explique-t-il. Sa voie était tracée bien avant. « Depuis près de dix ans, j’embarque à bord du chalutier qui a été construit en 2006 par mon père« . Une décennie de campagnes de pêche qui lui a permis de maîtriser les ficelles du métier et d’obtenir son brevet de capitaine 200 pêche.
Aujourd’hui, c’est lui qui reprend le bateau. « C’est notre souhait que tout reste dans la famille », confie-t-il. À ses pieds, son fils réclame déjà le droit de monter à bord. « La relève est assurée » confirme-t-il en rigolant. Avec son frère Antoine, ils deviennent copropriétaires du « Salut des Pêcheurs » tout en conservant l’équipage actuel. « C’est agréable de travailler en famille dans ce décor », ajoute Julien. La transmission, ici, se fait de génération en génération, à quai comme en mer.
Un secteur sous pression, mais une conviction intacte
Acheter un bateau n’est pas un geste anodin dans un secteur traversé par les turbulences. Depuis février 2026, la hausse du prix du carburant liée au conflit au Proche-Orient fragilise les marges. Le Brexit, les contraintes réglementaires, l’évolution des ressources halieutiques : les défis s’accumulent. Julien Ramet ne les ignore pas, mais il les regarde en face. « Depuis mon premier embarquement, j’ai bien vu que le climat a fait changer les choses : on pêche de nouveaux poissons; des seiches, des maquereaux, des sardines… Il faut s’adapter », souligne-t-il. Mais s’il a choisi de s’investir, c’est qu’il croit en son métier. Les longues marées de plusieurs jours vers Le Havre ou Dunkerque restent éprouvantes, mais sa motivation demeure intacte.
Leur projet a bénéficié du mécanisme régional d’aide à l’installation des jeunes pêcheurs, financé à 70 % par le FEAMPA (Fonds Européen pour les Affaires Maritimes, la Pêche et l’Aquaculture) et à 30 % par la Région Hauts-de-France. « C’est un apport qui nous a beaucoup aidés. Ça évite de faire un crédit quand on est jeune. Ça permet aussi de financer des améliorations des équipements », poursuit Julien Ramet.
Une filière stratégique pour le littoral régional
Avec plus de 5 600 emplois dépendant directement de la pêche dans les Hauts-de-France, le renouvellement des générations représente un enjeu majeur pour l’économie maritime régionale. En soutenant l’installation de jeunes pêcheurs comme Julien Ramet, la Région entend maintenir une flotte active, préserver les savoir-faire locaux et garantir une production française de produits de la mer, tracés et de qualité. D’ici fin 2026, trois nouveaux dossiers d’installation devraient encore être accompagnés.
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