Pêche : la Région soutient l’installation de 8 jeunes pêcheurs en Hauts-de-France – Région Hauts-de-France

Quel avenir pour la pêche en Hauts-de-France ? En l’espace de deux décennies, la flotte régionale est passée d’environ 170 navires en 2000 à une petite centaine en 2026. Une diminution progressive mais continue, qui traduit les profondes mutations d’une filière pourtant essentielle.

Hausse des coûts de carburant, pression sur les ressources halieutiques ou encore difficultés de renouvellement des générations : la pêche fait face à de nombreux défis. Avec plus de 5 600 emplois liés directement à cette activité, l’enjeu dépasse aujourd’hui largement le seul secteur économique. Tout l’enjeu est de pouvoir préserver une chaine de savoir-faire, des ports vivants et l’avenir maritime des Hauts-de-France.

Une filière sous pression

Le secteur de la pêche traverse une période particulièrement difficile. Le prix du carburant a bondi de 60 % depuis février 2026, conséquence directe du conflit au Proche-Orient, mettant les pêcheurs sous forte pression financière. Les régulations européennes et les effets du Brexit qui compliquent l’accès aux zones de pêche maintiennent le niveau d’alerte, tandis que la raréfaction des ressources impose une gestion durable et responsable des captures.

Très dépendante des importations (près de 70 % des produits aquatiques consommés en France viennent de l’étranger), la filière française doit néanmoins maintenir sa flotte productive. Dans ce contexte, Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche français et première plateforme européenne de transformation, voit ses bateaux de pêche jouer un rôle essentiel. Maintenir des navires actifs est indispensable pour soutenir l’économie locale et assurer la souveraineté alimentaire du pays.

Un soutien financier ciblé et efficace

Le 10 avril 2026, la Région a donc décidé d’agir. Le financement de six dossiers d’installation, bénéficiant à huit jeunes pêcheurs, a été officiellement accordé. Ces aides directes permettent aux jeunes pêcheurs de devenir copropriétaires de bateaux d’occasion, favorisant la transmission et la coopération dans le secteur.

Pour être éligible à ce dispositif, les candidats doivent respecter plusieurs critères :

  • Avoir moins de 40 ans ;
  • Effectuer leur première acquisition d’un navire ;
  • Justifier d’une qualification professionnelle (brevet patron de pêche ou « capitaine 200 pêche »).

Chaque dossier peut bénéficier d’un soutien financier encadré par la Région, avec des parts de bateau allant de 37,5 % à 50 %, favorisant la copropriété, souvent en famille ou entre associés.

Huit jeunes pêcheurs, huit parcours

Les pécheurs bénéficiaires de l’accompagnement de la Région sont domiciliés principalement dans le Pas-de-Calais, leurs navires immatriculés à Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche français. Leurs parcours illustrent la diversité des voies pour renouveler la flotte régionale :

  • Benjamin Bouchez, 32 ans, s’associe avec Matthieu Fourcroy pour devenir copropriétaire de son premier navire.
  • Matthieu Fourcroy, 25 ans, acquiert un bateau en binôme avec Benjamin Bouchez.
  • Antoine et Julien Ramet, 27 et 30 ans, reprennent ensemble le navire familial « Salut des Pêcheurs ».
  • Théo Ramet, 24 ans, travaille avec son père : un exemple de transmission directe du savoir-faire maritime.
  • Donovan Leprêtre, 33 ans, s’associe avec un armateur, démontrant une approche plus entrepreneuriale.
  • Pierre Descharles, 23 ans, devient capitaine et copropriétaire à seulement 23 ans, un pari sur l’avenir.
  • Anthony Tetu, 26 ans, à bord depuis cinq ans, devient copropriétaire à 50 % de la « Glorieuse Vierge Marie ».

Et la Région va encore plus loin que des aides à l’achat de navires, avec un accompagnement à l’achat des licences ou des fonds ciblés. Autant de solutions pour garantir un accompagnement global et la pérennité d’une activité fondamentale.

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