Mémoire : la Région soutient la création de la Maison mémorielle Lili Keller-Rosenberg – Région Hauts-de-France

Une voix infatigable au service de la mémoire

Parmi les grands témoins de la Shoah, les Hauts-de-France comptent une voix infatigable : Lili Leignel, née Keller-Rosenberg. Dans les établissements scolaires, elle va à la rencontre des plus jeunes pour témoigner de la Déportation. Son message : alerter sur les signaux et les conséquences du racisme et de l’antisémitisme, et appeler chacun à être acteur du vivre-ensemble.

Appuyée par l’Association Lili Keller-Rosenberg pour la Mémoire de la Déportation, qu’elle préside, elle porte aujourd’hui un projet : transformer la maison de son enfance en Maison mémorielle. La subvention régionale était soumise au vote des élus en séance plénière, le 5 octobre 2026.

Les derniers témoins directs disparaissent. Il nous revient de faire en sorte que leur parole continue d’être entendue, explique Mady Dorchies. En soutenant cette Maison mémorielle, la Région fait le choix de transmettre aux jeunes des Hauts-de-France l’histoire de Lili et de sa famille, là même où elle s’est jouée », Mady Dorchies – Conseillère régionale déléguée à « l’inventaire du patrimoine, devoir de mémoire.

27 octobre 1943 : le destin d’une famille bascule

Ce jour-là, Joseph et Charlotte Keller-Rosenberg et leurs trois enfants sont arrêtés à leur domicile, 42 boulevard d’Armentières. Lili a 11 ans, ses frères Robert et André 9 et 3 ans. Après les prisons de Loos, puis de Saint-Gilles à Bruxelles, la famille est séparée à la caserne Dossin, à Malines.

Joseph est envoyé à Buchenwald, où il meurt quelques jours avant la libération du camp, le 11 avril 1945. Charlotte et ses enfants sont déportés à Ravensbrück, puis transférés en février 1945 à Bergen-Belsen, libéré le 15 avril 1945. Séparés de leur mère, atteinte du typhus, les trois enfants rentrent seuls en France. Elle les rejoindra plusieurs mois plus tard.

Longtemps, cette expérience reste difficile à raconter. Mais quand les premiers négationnistes contestent l’existence et l’ampleur de la Shoah, Lili s’engage à témoigner devant le plus grand nombre.

Un parcours de visite, deux lieux

La Maison mémorielle abordera la déportation des enfants dans le Nord et le Pas-de-Calais pendant la Seconde Guerre mondiale. Rattachés au commandement militaire allemand de Bruxelles, ces deux départements ont connu une mise en œuvre de la Shoah différente du reste de la France. Chaque visiteur pourra y découvrir le témoignage de Lili Keller-Rosenberg et réfléchir aux conséquences du racisme, de l’antisémitisme et de la haine.

La Maison accueillera aussi un espace de documentation et de recherche, et un espace d’accueil et de médiation sera créé à proximité, sur le campus de Plaine Images. Les deux lieux formeront un parcours unique :

  • la Maison retracera l’histoire de la famille Keller-Rosenberg et le travail de mémoire mené par Lili auprès des jeunes ;
  • l’espace annexe interrogera les façons de transmettre aujourd’hui la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, de la Shoah et de la Déportation, et ouvrira des échanges sur le vivre-ensemble, le respect, l’égalité et la solidarité.

Ouverture en janvier 2027

L’inauguration de la Maison mémorielle Lili Keller-Rosenberg se tiendra en janvier 2027.

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