Le vendredi 27 décembre 1974, à 6h19, un bruit sourd résonne au fond de la galerie de la fosse 3, dite Saint-Amé, du Siège 19 des mines de Lens, à Liévin. Quatre-vingt-dix mineurs reprennent leur travail après la trêve de Noël. Pour 42 d’entre eux, cette journée sera leur dernière.
Une tragédie humaine et industrielle
Lorsque la nouvelle se répand, c’est la panique. Les familles des mineurs, leurs épouses et enfants, accourent au site, mais les grilles restent fermées. Les secouristes arrivent peu avant 7h et entament des opérations sous haute tension. Bientôt, les voitures funèbres commencent à sortir : 41 hommes ont péri sur le coup, et Pierre Bertinchamps, grièvement blessé, s’éteindra quelques jours plus tard. Ce drame laisse derrière lui plus d’une centaine d’orphelins dans les corons environnants.
Rapidement, les médias arrivent sur place, capturant des scènes de désespoir et recueillant les témoignages des rescapés : « C’était un coup de poussière », murmure un mineur encore sous le choc. « On a entendu un bruit… Puis tout s’est effondré.«
Les secours s’organisent tant bien que mal, mais l’ampleur du drame dépasse les moyens disponibles. Dans l’attente, les proches des disparus espèrent, interrogent, et parfois, se résignent.
Une catastrophe sans précédent
Les premières analyses confirment qu’il s’agit d’un « coup de poussière », une explosion de poussière de charbon particulièrement dévastatrice. Bien que le bassin minier ait connu d’autres drames, comme à Liévin en 1945, 1957 et 1965, celui de 1974 reste le plus meurtrier depuis la catastrophe de Courrières en 1906.
Une condamnation marquante, mais inachevée
En 1981, un premier jugement reconnaît la « faute inexcusable de l’employeur ». La Société des Houillères du Nord et du Pas-de-Calais est déclarée civilement responsable, une première en France. Mais en 1984, cette reconnaissance est annulée en appel, laissant les familles dans l’amertume. Seul l’ingénieur responsable de la fosse est condamné à une amende pour négligence.
Un journaliste de l’époque commente : « Pour la première fois, on admet que ce type de catastrophe n’est pas dû à la fatalité. Mais la justice n’a pas su aller au bout. »
Une mémoire vivante pour les générations futures
La catastrophe de Liévin a marqué la fin de l’exploitation minière dans la région. La fosse 3-3 bis est devenue un lieu de mémoire, où chaque année, les habitants rendent hommage aux disparus. L’église Saint-Amé, construite pour les mineurs, a arrêté son horloge à 6h17, l’heure du drame.
Pour ce 51ᵉ anniversaire, des commémorations spéciales sont prévues : cérémonies, expositions et témoignages des familles des victimes. Ce moment fort rappelle non seulement le sacrifice des mineurs, mais aussi leur contribution au redressement économique et à l’identité des Hauts-de-France.
Comme le souligne Xavier Bertrand : « Leur mémoire est notre devoir. Ils nous ont légué bien plus qu’un patrimoine industriel : ils ont forgé l’âme de notre région. »

Ce 27 décembre 2025, souvenons-nous d’eux, de leur courage, et veillons à ce que cette histoire continue d’être transmise aux générations futures.
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